La saison 2005 débute cette fois un peu plus tard que d'ordinaire. Amélie renonce à disputer le moindre tournoi de préparation avant l'Open d'Australie, afin de s'accorder deux semaines de plus pour souffler. L'intersaison est trop courte, et il faut un minimum de temps pour récupérer.
L'entrée en matière se fait en douceur, et, malgré un set perdu en route face à Dinara Safina, Amélie atteint les quarts de finale sans trop d'encombres. Face à Serena Williams qui tente de retrouver son meilleur niveau, un an et demi après son dernier titre en Grand Chelem, l'opportunité semble réalisable. Mais blessée, Amélie ne peut défendre ses chances correctement, et s'incline sans l'ombre d'une chance, 6-2 6-2.
Deux semaines plus tard, à l'Open Gaz de France, Amélie a retrouvé la santé. Elle se hisse jusqu'en finale, où elle tombe sur une Dinara Safina qui joue sur un nuage et s'incline en trois sets. Mais elle se rattrape bien la semaine suivante, en remportant à Anvers son premier titre de l'année, après une superbe finale remportée aux dépens de Venus Williams.
Après une demi-finale perdue face à Molik à Doha où elle manque de peu une chance de reconquérir le premier titre mondial, Amélie se rend à Indian Wells, où elle chute dès le deuxième tour. Une contre-performance comme elle en n'en connaît que rarement, à l'issue d'un match très moyen face à la jeune Russe, Eveguenia Linetskaya. Mais elle a vite fait de se remettre en selle, et à Miami, elle se hisse en demi-finale où là, elle tombe sur un os en la personne d'une Kim Clijsters au sommet de sa forme. Le score est très sévère, 6-1 6-0.
Battue en quart de finale à Berlin par Nadia Petrova à l'issue d'un match trop attentiste, Amélie commence à douter. Loïc Courteau décide de ne pas l'accompagner à Rome la semaine suivante. L'idée s'avère bonne, Amélie se rebiffe, et y remporte son deuxième titre de l'année à l'issue d'une très belle semaine, dominant Patty Schnyder en finale.
Roland Garros est une autre histoire, mais cette fois, Amélie tente de ne pas se mettre trop de pression sur les épaules pour éviter des déconvenues comparable à celles des années précédentes. Soutenue et conseillée par Yannick Noah, elle fait bonne impression lors de ses deux premiers matches. Mais face à l'une des nouvelles venues les plus talentueuses du circuit WTA, Ana Ivanovic, elle cède en trois sets à l'issue d'un match en dents de scie. Son rêve parisien attendra encore au moins un an.
Quand arrive Wimbledon, elle a retrouvé des couleurs, et l'envie de jouer. Très affûtée, elle se hisse jusqu'en demi-finale où elle réalise un match très plein face à Lindsay Davenport. Mais une fois encore, l'Américaine a le dernier mot.
Après avoir facilement qualifié la France pour la finale de la Fed Cup aux côtés de Mary Pierce, aux dépens des Espagnoles, Amélie prend des vacances bien méritées. Elle débute la tournée américaine à Toronto, où elle cède en demi-finale face à Justine Henin, couronnée pour la deuxième fois à Roland Garros deux mois plus tôt. La semaine suivante, elle atteint la finale à New Haven où elle est à nouveau battue par Davenport.
A l'US Open, elle espère que cette dernière levée du Grand Chelem la verra enfin concrétiser son rêve de titre majeur. Mais en demi-finale, face à sa compatriote et copine Mary Pierce, elle est dépassée par la force de frappe adverse. Pierce est plus forte que jamais, et s'impose en deux manches.
Mais le temps n'est pas aux regrets, il faut très vite se remettre dans le bain, et préparer la finale de la Fed Cup contre la Russie, cette fois disputée à Roland Garros. Pour Amélie, le rendez-vous est capital, et un succès devant le public de la porte d'Auteuil qui ne l'a jamais vue triompher serait une consécration. C'est malheureusement compter sans la forme exceptionnelle affichée par Elena Dementieva qui remporte ses trois matches haut-la main. Victorieuse d'Anastasia Myskina le premier jour, Amélie cède en trois manches face à la blonde Russe le dimanche. La déception est grande car ce n'est pas tous les jours qu'une telle occasion se présente.
Amélie reprend la compétition à Filderstadt, et une fois encore, Lindsay Davenport la prive de victoire, en finale.
Elle ne fait qu'un petit tour à Moscou et Zurich où elle tombe d'entrée victime de Francesca Schiavone et Katarina Srebotnik. L'esprit d'Amélie n'est pas au tennis, et elle se demande même si elle ne devrait pas renoncer au Masters de Los Angeles. Mais la décision est vite prise, et c'est déterminée qu'elle se rend d'abord à Philadelphie, où elle est vite rassurée. Elle y défend brillamment son titre, en dominant Dementieva en finale.
A Los Angeles, elle est prête à conclure la saison sur une note élevée. En match de poule, elle manque l'occasion de prendre sa revanche sur Mary Pierce qui lui avait barré la route de la finale à l'US Open. Mais des victoires sur Clijsters et Dementieva lui ouvrent tout de même la porte des demis. Là, elle dispute un match de toute beauté pour venir à bout de la championne de Wimbledon 2004, Maria Sharapova. De son côté, Pierce qu'on n'arrête décidément plus, se défait de Lindsay Davenport pour s'offrir une troisième grande finale cette année.
La finale franco-française est un chef d'œuvre qui voit les deux championnes batailler trois sets durant, offrant aux spectateurs un spectacle de tout premier choix. Et à l'arrivée, c'est le triomphe pour Amélie qui remporte là le plus beau titre de sa carrière 5-7 7-6 6-4. Elle termine la saison de la manière la plus forte qui soit. Une victoire qu'elle qualifie de tournant dans sa carrière. Et qui pourrait en entraîner d'autres encore plus prestigieuses